Un homme s'effondre à Lomé. Qui agit, comment, et pourquoi se former aux premiers secours peut tout changer grâce au programme FAS.
Ce matin-là, à Lomé, l'avenue est déjà noire de monde. Les taxis-motos klaxonnent, les vendeuses interpellent les passants, des élèves en uniforme se faufilent entre les voitures. Une foule dense, vivante, bruyante. Puis, en quelques secondes, le chaos.
Kossi, quarante ans, s'arrête net. Il porte la main à sa poitrine. Son souffle devient court, sifflant. Il est asthmatique. Sa crise est violente, trop violente. Ses jambes cèdent et il s'effondre au sol, inconscient.
Autour de lui, la foule se resserre. Quelqu'un crie. Un autre propose de le porter. Un troisième cherche un taxi pour l'emmener à l'hôpital. Personne ne pense à dégager les voies respiratoires. Personne ne cherche une trousse de premiers secours. Et pour une raison simple : la majorité ne sait pas quoi faire. Selon les statistiques locales, plus de 98% des habitants n'ont jamais suivi une formation de base aux gestes de premiers secours.
Dans ce type de situation, les premières minutes sont décisives. Pendant que les passants hésitent, les minutes s'égrènent. Les sapeurs-pompiers sont appelés, mais le trafic dense et la distance retardent leur arrivée. Dix minutes, quinze minutes, une éternité quand il s'agit de respiration. Sans intervention rapide, le risque de décès est élevé.
Un homme en voiture ralentit en voyant l’attroupement au bord de la route. C’est un médecin, en route pour aller travailler. Il s’arrête, descend rapidement et se fraye un passage jusqu’à Kossi. Il n’a pas été appelé, il n’était pas attendu, il passait simplement au bon moment. Il jette un regard bref, vérifie la respiration, tente d’organiser les gestes autour de lui et demande qu’on libère l’espace pour agir. Mais le temps a déjà filé. Dans ce type de détresse, quelques minutes peuvent suffire à faire basculer la situation. Cette scène met le doigt sur une réalité brutale : même quand un professionnel passe par hasard, cela ne remplace pas des témoins formés capables d’agir immédiatement, dès les premières secondes.
Cette scène se déroule dans un lieu public bondé, exactement le type d'endroit où les accidents sont fréquents : rues, marchés, écoles, cours de récréation. Dans les établissements scolaires togolais, les problématiques sont identiques : pas ou peu de trousses de premiers secours, enseignants non formés, élèves livrés à eux-mêmes en cas d'accident, recours tardif aux secours. Pour mieux comprendre comment organiser la prévention et décider qui former en priorité, élèves ou enseignants , et quelles mesures adopter,Premiers secours à l'école au Togo : faut-il former en premier les élèves ou les enseignants, et quelles sont les priorités.
Malheureusement, toutes les histoires ne se terminent pas comme celle de Kossi. Madame Joana a perdu son enfant à la suite d'une crise d'asthme dans son école par manque de ventoline, et monsieur Tamélokpo son enfant à la suite d'une hémorragie après un accident dans les escaliers de l'école.
Ce type de scène explique pourquoi Betfrika a lancé le programme FAS. L'objectif n'est pas seulement d'équiper quelques écoles ou de former quelques adultes. L'objectif est de changer un réflexe collectif. Former des enseignants et des encadrants, initier des élèves aux gestes qui sauvent, installer des trousses adaptées là où le risque est réel, et rendre l'intervention de base aussi naturelle que d'appeler à l'aide. Pour comprendre comment ces crises se déroulent dans le milieu scolaire et quelles solutions concrètes peuvent être mises en place,Secourisme scolaire au Togo : de la crise d'asthme en classe aux solutions pour protéger les élèves.Parce qu'en situation d'urgence, la différence se joue rarement à l'hôpital, elle se joue avant, dans les toutes premières minutes.
C'est ainsi qu'on prépare la future génération : des élèves formés aujourd'hui, qui deviendront les passants de demain, capables de reconnaître une détresse, de sécuriser une situation, d'alerter correctement et d'agir sans paniquer. Ne plus dépendre du hasard, ne plus attendre qu'un médecin passe en voiture au bon moment, mais créer une société où quelqu'un sait toujours quoi faire. Former, équiper, répéter, pour que dans la rue, au marché, dans une cour d'école, il y ait une main capable de faire le premier geste, celui qui maintient la vie en attendant les secours.

Betfrika Team
Impact & Témoignages
18 nov. 2024




