Accident en classe : qui doit savoir agir d'abord ? Élèves ou adultes encadrants, découvrez les enjeux et la priorité la plus efficace.
Dans la cour de récréation d'une école primaire à Lomé, un enfant s'effondre soudainement. Ses camarades crient, paniquent, courent dans tous les sens. Les enseignants arrivent en courant, mais personne ne sait exactement quoi faire. Les minutes s'écoulent, précieuses, irremplaçables. Ce scénario, malheureusement, n'est pas rare. Au Togo comme ailleurs, des vies d'enfants peuvent basculer en quelques secondes, simplement parce que personne n'était formé pour réagir correctement.
La question devient alors cruciale : qui devrait être formé aux gestes de premiers secours dans nos écoles ? Les élèves eux-mêmes, ou les adultes qui les encadrent ?
Cette interrogation dépasse le simple débat pédagogique. Elle touche à la sécurité des enfants, à la responsabilité des adultes et à la capacité d'une communauté scolaire à protéger ses membres les plus vulnérables. À travers le monde, plusieurs approches coexistent. Certaines organisations, notamment la Croix-Rouge, défendent l'idée de former des groupes d'élèves pour créer de petites unités de secouristes en herbe au sein des établissements. D'autres, comme Betfrika e.V., estiment que la priorité absolue doit être donnée à la formation des enseignants et du personnel éducatif. Explorer ces deux visions permet de comprendre ce qui fonctionne réellement sur le terrain.
Pour comprendre l'urgence de cette question, il faut d'abord mesurer la réalité des accidents en milieu scolaire. Dans les écoles togolaises, comme l'histoire de Kofi nous le rappelle, chaque minute compte lors d'une crise d'asthme Secourisme scolaire au Togo : de la crise d'asthme en classe aux solutions pour protéger les élèves Un enfant peut suffoquer, un autre tomber violemment, et sans gestes appropriés ni matériel, la situation peut devenir tragique.
Ces situations ne sont pas exceptionnelles. Elles se produisent partout dans le monde. Ce qui fait la différence, ce n'est pas la chance, mais la présence de personnes formées aux gestes de premiers secours et de matériel adapté. Dans plusieurs pays, cette réalité est désormais prise en compte. En France, par exemple, la formation et la sensibilisation aux premiers secours sont intégrées au parcours scolaire et au cadre professionnel des personnels éducatifs. Au Togo, cette systématisation reste encore largement absente, laissant les écoles démunies face à l'urgence.
Sur le terrain, les équipes de Betfrika font le même constat : les enseignants se retrouvent souvent seuls face à des situations critiques, sans formation, sans trousse de secours fonctionnelle, et avec pour seule arme leur instinct. Or, en matière de premiers secours, l'improvisation est un danger. Un mauvais geste peut aggraver l'état d'un enfant, et une hésitation peut être fatale.
Former les élèves aux gestes de premiers secours peut sembler une solution idéale. Elle valorise les enfants, développe leur sens des responsabilités et favorise l'entraide. Les programmes ludo-pédagogiques mis en place par certaines organisations montrent que les enfants peuvent apprendre très tôt à reconnaître une situation de danger, à donner l'alerte et à adopter des comportements de protection. Cependant, cette approche révèle rapidement ses limites dès que l'on quitte le cadre théorique. Un enfant, même formé, reste un enfant. Face à un camarade inconscient, à une hémorragie ou à une crise respiratoire sévère, la charge émotionnelle peut être paralysante. La peur de mal faire, le choc ou la panique peuvent empêcher toute action efficace.
À cela s'ajoute un problème de continuité. Les élèves changent chaque année. Ils grandissent, quittent l'établissement et emportent avec eux les compétences acquises. Former uniquement les élèves revient à construire une chaîne de secours fragile, discontinue et difficile à maintenir dans le temps. Enfin, une question essentielle demeure : peut-on raisonnablement confier la responsabilité vitale d'un enfant à un autre enfant ? Sur le terrain, la réponse est souvent claire.
Former les enseignants et le personnel éducatif n'est pas un luxe, ni une option secondaire. C'est une nécessité. Les adultes sont présents toute l'année, connaissent les élèves, leurs fragilités et leurs antécédents, et portent la responsabilité légale et morale de leur sécurité. Contrairement aux enfants, ils disposent de la maturité émotionnelle, de l'autorité et de la stabilité nécessaires pour agir rapidement et coordonner les secours.
Dans le cadre du projet FAS (First Aid Skills), Betfrika défend une idée simple : un adulte formé, équipé et confiant dans ses gestes peut faire la différence entre un incident maîtrisé et un drame irréversible. Former un enseignant, c'est créer un référent durable dans l'école. Former une équipe éducative, c'est installer une culture de prévention, où l'on n'attend plus l'urgence pour réfléchir à ce qu'il faut faire.
Le projet FAS (First Aid Skills) ne s'oppose pas à la formation des élèves. Au contraire, il reconnaît pleinement son intérêt éducatif et citoyen. Toutefois, il défend une hiérarchie claire face à l'urgence. La priorité est donnée à la formation des enseignants et du personnel scolaire aux gestes de premiers secours adaptés aux réalités locales. Si vous souhaitez participer à cette mission concrète, découvrez notre programme de volontariat international. En parallèle, les écoles doivent être équipées de trousses de premiers secours réellement fonctionnelles, accessibles et comprises par ceux qui sont amenés à les utiliser. Les élèves, quant à eux, doivent être sensibilisés de manière progressive et adaptée à leur âge, afin qu'ils sachent alerter, protéger et adopter les bons réflexes sans porter une responsabilité qui ne devrait pas être la leur.
Cette approche permet de construire une chaîne de secours cohérente au sein de l'école, où les enfants alertent, les adultes interviennent et l'établissement joue pleinement son rôle de protection.
La réponse est plus simple qu'il n'y paraît. Il ne s'agit pas de choisir entre les deux, mais de ne pas les placer au même niveau de responsabilité. Former les élèves sans former les adultes, c'est créer une illusion de sécurité. Former les adultes, en revanche, c'est garantir qu'à tout moment, quelqu'un saura quoi faire, comment le faire et avec quels moyens.
Chaque minute compte. Chaque école non formée est une prise de risque évitable. Chaque enseignant laissé sans outils est une responsabilité collective non assumée. Le projet FAS (First Aid Skills) ne cherche pas à fabriquer des héros, mais à éviter des drames qui ne devraient jamais se produire.
Car si demain, dans une cour de récréation, un enfant s'effondre à nouveau, la vraie question ne sera plus de savoir qui aurait dû être formé, mais pourquoi personne ne l'était.

Betfrika Team
Impact & Témoignages
2 janv. 2025




