Artiste sans contrat ni protection sociale ? Cet article introduit les enjeux du statut d'artiste en Afrique et renvoie au dossier complet du magazine Betfrika.
Être artiste en Afrique, ce n’est pas seulement créer. C’est aussi se battre pour être reconnu, être rémunéré correctement, protéger ses œuvres, et trouver sa place dans une société où l’art est parfois encore perçu comme un loisir plutôt qu’un métier. Beaucoup de créateurs avancent sans contrat stable, sans cadre clair, et avec une légitimité qui se construit au quotidien.
Cet article est un format volontairement court. Il sert d’introduction à notre dossier publié dans le Magazine Betfrika, déjà paru, intitulé « Être ou ne pas être artiste en Afrique ». Dans le magazine, nous allons plus loin avec des témoignages, des situations réelles, et une analyse plus complète. Ici, nous posons les bases et les grandes questions.
Quand on parle de “statut d’artiste”, on mélange souvent trois dimensions qui ne coïncident pas toujours. D’abord, la définition, c’est-à-dire qui est considéré comme artiste. Ensuite, la reconnaissance sociale, c’est-à-dire la manière dont la famille, le voisinage, les institutions, ou le marché regardent ce métier. Enfin, la reconnaissance juridique, c’est-à-dire l’existence de lois, de registres, de contrats, de droits, et d’une protection minimale.
La reconnaissance sociale est souvent le premier mur. Beaucoup d’artistes entendent encore “c’est beau, mais ce n’est pas un vrai travail”. Cette phrase a des conséquences directes : elle fragilise l’estime de soi, mais surtout, elle justifie parfois des cachets bas, des prestations non rémunérées, ou des collaborations floues. Tant que l’art n’est pas perçu comme un secteur professionnel, les conditions de travail restent instables.
La reconnaissance juridique, elle, avance à des vitesses différentes selon les pays. Lorsqu’un État met en place un cadre, même imparfait, cela peut changer beaucoup de choses : prouver sa profession, accéder à certains dispositifs, contractualiser, défendre ses droits, et être considéré comme un acteur économique. Là où ce cadre n’existe pas, l’artiste reste souvent dans une zone grise, où tout repose sur des arrangements, des promesses, ou des opportunités ponctuelles.
Dans ce contexte, “se légitimer” devient une démarche concrète. La légitimité ne dépend pas uniquement d’un tampon officiel. Elle se construit par des preuves de professionnalisation : un portfolio clair, des œuvres documentées, des prestations traçables, une capacité à présenter un dossier, à annoncer un prix, et à mettre les choses par écrit, même de manière simple. C’est souvent ce qui fait la différence entre passion visible et métier reconnu.
La force du collectif compte aussi. Les réseaux, collectifs et espaces culturels permettent de partager des repères, de créer des opportunités, et de peser davantage dans les discussions avec les institutions et les partenaires. La légitimité individuelle devient plus solide quand elle s’inscrit dans une dynamique collective.
Enfin, il y a un sujet incontournable, le numérique. Beaucoup d’artistes gagnent en visibilité en ligne, mais sans stratégie de protection ni de monétisation. Comprendre ce qu’on cède quand on signe, ce qu’on autorise quand on publie, et comment on peut être rémunéré, fait partie de la professionnalisation. Sans cela, on peut être connu, mais pas payé.
Si ce sujet vous parle, le dossier complet est disponible dans notre Magazine Betfrika, déjà paru, « Être ou ne pas être artiste en Afrique ». Vous y trouverez des récits de terrain, des réalités concrètes, et des pistes pour comprendre comment le statut d'artiste se construit, se défend, ou se bloque selon les contextes. Vous pouvez également une Afrique meilleure..
Pour le lire, rendez-vous sur la page ressource et téléchargez le numéro concerné. Rejoignez aussi notre programme de volontariat international pour agir concrètement avec Betfrika sur le terrain.

Betfrika Team
Coulisses de l'asso
10 mars 2024





