L'idée derrière notre podcast En cours de Colonisation

L'idée derrière notre podcast En cours de Colonisation

La colonisation a détruit et transformé. En cours de Colonisation explore identité, religion, sexualité, esclavage. Sans glorifier, sans nier, pour comprendre.

Betfrika Team
5 min de lecture

La colonisation a détruit et transformé. En cours de Colonisation explore identité, religion, sexualité, esclavage. Sans glorifier, sans nier, pour comprendre.

L’idée du podcast est née d’un moment très simple, une discussion qui s’est éternisée. Un soir, après une réunion Betfrika, on parlait d’un commentaire laissé sous l’un de nos posts sur Facebook, puis d’un livre, puis d’un souvenir de cours d’histoire, puis d’une anecdote partagée par un membre de l’équipe. Et à un moment, quelqu’un a lâché, presque en soupirant : on tourne toujours autour des mêmes choses. On parle du crime, et c’est normal. Mais on ne parle pas de ce que ça a produit dans nos têtes, dans nos familles, dans nos façons de croire, d’aimer, de se définir. À cet instant, on a compris qu’il y avait là une vraie zone aveugle.

Parce que c’est ça, le problème. La colonisation est souvent racontée de manière binaire. Soit, on l’a réduit à une liste d’horreurs, soit on tente de la “réhabiliter” avec des arguments qui blessent et qui effacent. Entre les deux, il y a un espace difficile, mais nécessaire, celui de la compréhension. Chez Betfrika, on a eu envie de se tenir dans cet espace, sans tabou, mais sans provocation.

En cours de Colonisation est né de cette intention. Pas pour réécrire l’histoire, mais pour mieux la lire. Pas pour minimiser, mais pour aller plus loin. L’idée n’a jamais été de chercher des excuses, ni de fabriquer un équilibre artificiel. L’idée a été de se poser une question honnête, qu’est-ce que cette période a cassé, qu’est-ce qu’elle a imposé, et comment ses traces continuent de travailler nos sociétés aujourd’hui.

Très vite, on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas faire un podcast généraliste. Il fallait choisir des angles, des thèmes qui touchent au cœur. Et c’est là que la ligne éditoriale s’est imposée presque toute seule. Identité, religion, esclavage, sexualité. Quatre sujets qui reviennent constamment, même quand on ne les nomme pas. Quatre sujets où l’héritage colonial se voit dans les normes, les peurs, les contradictions, les silences, et parfois dans les conflits.

L’identité d’abord. Parce que la colonisation n’a pas seulement déplacé des frontières sur une carte, elle a aussi déplacé des repères dans les esprits. Les catégories, les langues imposées, les systèmes scolaires, les hiérarchies, tout cela a façonné une manière de se percevoir et d’être perçu. Et en réaction, des mouvements se sont levés, des idées ont circulé, des consciences se sont construites. Comprendre l’identité aujourd’hui, c’est aussi comprendre cette période où beaucoup ont été forcés de se définir autrement.

La religion ensuite. Là encore, l’histoire n’est pas simple. Elle est faite d’impositions, de résistances, de conversions, de syncrétismes, de ruptures familiales parfois, et de nouvelles institutions. Ce sujet est partout dans la vie sociale, mais il est rarement abordé avec calme, parce qu’il touche à l’intime. Dans le podcast, on prend le temps de comprendre comment des croyances, des pratiques et des pouvoirs spirituels se sont recomposés.

L’esclavage aussi, parce qu’on ne peut pas parler de colonisation sans regarder cette mécanique de déshumanisation, et ses prolongements. Comprendre les systèmes, les complicités, les économies, les héritages, ce n’est pas relativiser. C’est refuser les raccourcis, et comprendre pourquoi certaines blessures restent ouvertes, et pourquoi certaines inégalités semblent se reproduire.

Et puis la sexualité. Un thème souvent évité, alors qu’il dit énormément sur le contrôle social. Normes importées, codes moraux, lois, tabous, tout cela a profondément influencé le rapport au corps, au désir, aux rôles de genre. Ce n’est pas un sujet “à part”, c’est un miroir des sociétés, et un révélateur de ce qui a été imposé, transformé, ou refoulé.

En coulisses, ce podcast a aussi été pour nous une forme de discipline. Il fallait trouver le ton juste. Ne pas provoquer pour attirer l'attention. Ne pas simplifier pour aller plus vite. Ne pas donner l'impression qu'on "équilibre" l'horreur avec du positif. Alors on a posé une règle simple, on parle avec nuance, mais on ne perd jamais la boussole. Ces compétences d'argumentation et de communication que nous développons aussi dans notre atelier de rhétorique Comprendre n'est pas justifier. Explorer n'est pas glorifier. Mettre des mots sur les héritages n'efface pas la violence, cela aide à la regarder en face.

Si ces questions vous interpellent, En cours de Colonisation est fait pour vous. Chaque épisode est une plongée dans un thème précis, avec une seule ambition, vous donner des clés pour comprendre, et ouvrir des discussions plus honnêtes, plus profondes, plus utiles. Pour prolonger cette réflexion vers l'avenir, découvrez aussi notre prochain magazine L'Afrique que les Africains veulent construire. Retrouvez En cours de Colonisation sur vos plateformes d'écoute, et abonnez-vous pour ne pas manquer les prochains épisodes.

Betfrika Team

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30 oct. 2024